La disparition d’Hubert Nyssen

Hubert Nyssen lors d'une lecture dans le cloitre Saint-Trophime en 2008C’est avec beaucoup d’émotion que j’apprends la mort d’Hubert Nyssen qui nous a quittés samedi. Arles ne serait pas la même aujourd’hui sans la présence d’Actes Sud.

Grâce au sociologue du monde rural Jean Viard qu’il avait édité, j’ai eu la chance de rencontrer Hubert Nyssen lorsqu’il a décidé d’installer sa jeune maison d’édition à Arles. A l’époque, il fallait beaucoup d’énergie, de talent et de confiance pour s’imaginer rivaliser avec les prestigieux éditeurs parisiens depuis les quais du Rhône. Mais Hubert Nyssen ne manquait d’aucun de ces traits de caractère.

La rencontre avec de grands écrivains comme Nina Berberova ou Paul Auster a confirmé ses intuitions en permettant à Actes Sud de s’imposer. Le Prix Goncourt de Laurent Gaudé en 2004 est venu couronner enfin cette maison d’édition provençale sans être provinciale, internationale plutôt que nombriliste. Tout en poursuivant sa propre oeuvre littéraire, Hubert Nyssen a su installer son entreprise dans la durée, et en faire un des moteurs de l’économie arlésienne, parmi les tout premiers employeurs privés. En transmettant la direction d’Actes Sud à Françoise Nyssen et à Jean-Paul Capitani, il savait Actes Sud en bonnes mains.

Au nom de tous les Arlésiens, je présente les condoléances de la Ville à la famille d’Hubert Nyssen, à ses enfants et petits-enfants, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble du personnel d’Actes Sud.

Photo Ville d’Arles : Hubert Nyssen en 2008, lors de “Lectures en Arles”  au cloître Saint-Trophime.