Le Parc des Ateliers est une chance extraordinaire pour Arles

Déclaration au conseil municipal du 26 novembre 2013

Comme tous ici aujourd’hui, en vous présentant cette délibération, je suis ému. Avec cette garantie d’emprunt, le projet Luma devient réalité. Et je soutiens les Rencontres et le directeur François Hébel qui a réalisé un travail formidable depuis que je lui ai demandé de revenir à la tête du Festival en 2001. Depuis ce choix, le festival a multiplié son budget, son public et son retentissement médiatique. En ce qui concerne les inquiétudes exprimées, je peux vous assurer -avec l’ensemble des partenaires publics qui financent à plus de 50% le budget des Rencontres de la Photographie- que les prochaines éditions se dérouleront dans de bonnes conditions.

Dans les années à venir, les Rencontres bénéficieront d’un nombre de mètres carrés égal ou supérieur à celui de 2013, grâce aux engagements de la Ville d’Arles, de la Fondation LUMA, du Centre des Monuments nationaux, des éditions Actes Sud. Depuis la fin du printemps, ces engagements précis et écrits ont fait l’objet de plusieurs réunions avec les Rencontres et la Fondation LUMA en mairie d’Arles. Ces réunions et visites de lieux -dont je tiens la liste et les comptes-rendus à votre disposition- ont été accompagnées de nombreux échanges avec les partenaires publics et privés.

Le résultat est une déclaration commune rédigée sous l’égide de deux inspecteurs-généraux des Affaires Culturelles. Ce texte fixe pour les deux années à venir le nombre exact de m2 carrés d’exposition mis à disposition des Rencontres et formalise l’engagement des partenaires pour les éditions suivantes.

Je tiens d’ailleurs à remercier la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, pour le travail remarquable réalisé par ses services ces derniers mois et le président Michel Vauzelle pour l’accompagnement de ce travail par la Région Provence Alpes Cote d’Azur, de même que les autres collectivités territoriales en particulier le Conseil général des Bouches-du-Rhône.

Je voudrais souligner aussi que la Ville d’Arles participe à hauteur de 300 000 euros au budget des Rencontres, soit la subvention municipale la plus importante du secteur culturel. La Ville met aussi à disposition 12 lieux patrimoniaux pour les expositions et apporte 117 000 euros en prestations techniques.

Il reste au Conseil d’Administration, qui se réunit le 16 décembre à notre demande, à valider ces propositions, et à prendre les décisions qui conviennent suite à la démission de François Hébel. Quelle que soit l’équipe qui sera désignée, comme j’ai pu le faire en 2001 avec François Hébel et après le départ de son prédécesseur Gilles Mora, les Rencontres auront des perspectives enthousiasmantes, avec le soutien total de la Ville d’Arles.

Par ailleurs et à ce point de mon intervention, je voudrais rappeler devant le Conseil municipal et donc devant les Arlésiens, à quel point le Parc des Ateliers porté par la Fondation Luma est une chance extraordinaire pour Arles, pour la Région, pour notre pays.

Depuis l’achat des terrains à la SNCF, puis la rénovation de la Grande Halle, grâce à la volonté de Michel Vauzelle, qui a décidé la reconquête de cette friche industrielle, le Parc des  Ateliers est aujourd’hui le site d’un projet unique en Europe, symbolisé par la tour de l’architecte Frank Gehry mais aussi par le parc-jardin du paysagiste Bas Smets, dont les permis de construire ont été accordés au début de l’été et ont été jugés parfaits, sans remarque, comme l’enquête publique qui a précédé.

Le Parc des Ateliers “va faire honneur à la France et à la culture” a souligné en juillet le Président de République François Hollande qui a fait part de sa “reconnaissance pour cette exceptionnelle créativité” à Maja Hoffmann, présidente de la Fondation.

Ce projet n’est pas concurrent des Rencontres, dont la Fondation LUMA est un soutien fidèle et l’un des financeurs privés. Les Rencontres poursuivront leur développement en tout indépendance. Tous les acteurs d’Arles ont vocation à travailler ensemble, à se renforcer. C’est le sens d’une volonté à de multiples fois exprimée.

Le Parc des Ateliers donne déjà une nouvelle dimension aux autres projets en cours à Arles. Présents dans le projet depuis l’origine, les éditions Actes Sud installeront leur siège sur le site. D’autres acteurs culturels arlésiens, comme le Festival des Suds et le Cargo de Nuit sont aussi engagés dans le futur Parc des Ateliers.

Grâce à Lucien Clergue, à qui le Musée Réattu consacrera une grande exposition l’an prochain à l’occasion de ses 80 ans, la photographie a été le révélateur de cette évolution d’Arles vers l’industrie culturelle, porteuse de création d’entreprises et d’emplois. Et les Rencontres de la photographie continueront à jouer un rôle majeur dans l’aventure formidable du développement culturel, économique et humain des années à venir à Arles.

Le projet de la fondation Luma marque cette même volonté forte, de créer des emplois grâce à la culture, du développement humain et territorial. La famille Hoffmann a collectionné depuis de très nombreuses générations, les modernes et les contemporains, Van Gogh, Braque, Klee, Andy Warhol, etc.

C’est ainsi que Luc et Maja Hoffmann ont décidé de la création de la Fondation Van Gogh à Arles dans les anciens locaux de la Banque de France inaugurée le 4 avril 2014 prochain avec une exposition des toiles du maître qui devrait induire une fréquentation augmentée de plus de 100.000 visiteurs et à laquelle vous vous étiez opposés.

Le projet de la Fondation LUMA est basé sur l’art contemporain, avec des contenus qui témoignent d’une vision à long terme et d’une ambition internationale. A l’image de la fondation Guggengheim à New York signé de l’architecte Frank Lloyd Wright; à l’image de la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence ou du Musée Guggengheim de Bilbao avec l’architecte Frank Gehry. Le Parc des Ateliers marque la même volonté que pour Bilbao. Il a été pensé comme le moyen de créer des richesses humaines nouvelles.

Maja Hoffmann est présente, pas seulement à Arles, mais aussi dans des institutions prestigieuses comme la Tate Gallery de Londres, le New Museum de New York, ou la Biennale de Venise. Les projets arlésiens de la Fondation LUMA sont portés par un groupe de créateurs, de producteurs et d’experts reconnus dans le monde entier, comme par exemple l’artiste américain Doug Aitken, dont personne n’a oublié l’exposition sur la Camargue à la Grande Halle il y a tout juste un an. Ou Philippe Parreno dont l’exposition actuelle au palais de Tokyo à Paris est saluée comme l’événement de l’année.

Aucune autre ville moyenne d’Europe ne bénéficie de tels projets. Nous avons travaillé de toutes nos forces pour que cette chance historique se concrétise, avec Michel Vauzelle, avec les ministres successifs de la Culture et bien sûr avec la Fondation Luma. Nous avons réussi. Dans les années à venir, le Parc des Ateliers sera un formidable accélérateur de projets, d’initiatives, d’emplois.

Et, si François Hébel préfère évoluer différemment, il le peut. Le poste de directeur général ne manque pas d’intérêt tant nationalement que pour des candidats venus du monde entier. Les Rencontres représentent le principal budget, en France, des Festivals consacrés à la Photographie. Naturellement il peut, s’il le souhaite, partir ou agir dans le cadre des Rencontres. C’est la volonté répétée du Ministère de la Culture, de la région PACA, du département des Bouches-du-Rhône et bien sûr de la Mairie d’Arles

Donc pour conclure, j’invite chacun à œuvrer pour tous les projets d’Arles et à voter pour ce projet. Avec le conseil municipal d’Arles, pour les Arlésiens, je suis fier de participer à ces décisions qui vont changer l’avenir et le futur d’Arles.

Délibération adoptée à la majorité avec 38 voix. 5 abstentions. Aucun vote contre.