L’adieu à Raymond Aubrac
Avec la mort de Raymond Aubrac, le dernier des compagnons de Jean Moulin disparaît. Nous devons transmettre son héritage: l’esprit de la Résistance qui l’a animé jusqu’à son dernier souffle. C’est l’héritage du Conseil National de la Résistance, quand communistes, gaullistes, chrétiens et bien d’autres étaient unis dans un combat à mort contre la tyrannie, contre le racisme, contre le fascisme.
J’ai eu l’honneur et le bonheur de rencontrer et de parler avec Lucie et Raymond Aubrac à plusieurs reprises. Ils étaient pour moi l’exemple de ce que l’être humain a de meilleur en lui… quand les actes répondent aux convictions, quand le courage sert la droiture, quand l’amour de la liberté se conjugue à la solidarité.
Avec la disparition de ce héros modeste et généreux une page de l’histoire de l’Europe se tourne. Nous n’oublierons ni l’homme, ni le combat de sa vie.
Notre réponse : le respect et la fraternité
Au lendemain du drame de Toulouse, tous les Arlésiens partagent la douleur des proches des victimes. Pour témoigner notre solidarité et notre émotion collective, les drapeaux de l’hôtel de ville d’Arles sont mis en berne, ainsi que ceux des mairies annexes de nos villages et quartiers. Nous aurons tous une pensée pour les victimes et leurs familles, ce mardi à 11h, à l’heure où toutes les écoles de France observent une minute de silence.
Assassiner des enfants à cause de leur religion est un acte dont la barbarie rappelle les heures noires de l’histoire de l’Europe. Assassiner des soldats de la République en raison de leur origine s’apparente aux pires conflits ethniques. L’antisémitisme et le racisme sont des poisons qui peuvent conduire au délire meurtrier, aujourd’hui à Toulouse et à Montauban, hier à Auschwitz ou à Srebrenica. Face à ce danger, notre réponse est le respect et la fraternité, ce sont les valeurs de la République française et de toutes les démocraties.
Très belle année 2012 pour Arles et les Arlésiens
Madame, Mademoiselle, Monsieur,
Chers Arlésiens,
Á l’heure des vœux pour l’année nouvelle, je veux partager avec vous des raisons de croire en l’avenir de notre ville. Oui, Arles a une chance. Et les Arlésiens ont le talent de la saisir.
Notre ville a acquis une dimension nouvelle. A partir du mois de mars, le Louvre accueillera une grande exposition consacrée à l’Arles antique. Le plus grand musée du monde présentera le buste de César et les autres trésors sortis du Rhône par Luc Long et son équipe. Nous venons de poser la première pierre de l’extension du Musée départemental Arles antique. Le président du Louvre, Henri Loyrette, vient de me confirmer le prêt de la Vénus d’Arles pour l’exposition Rodin en 2013, pour être avec Marseille la capitale européenne de la culture.
Les travaux de la future Fondation Van Gogh s’accélèrent dans le bâtiment de l’ancienne Banque de France acquise par la Ville d’Arles. Sous l’impulsion de Luc Hoffmann, un projet architectural d’envergure va permettre d’ouvrir une nouvelle institution destinée à accueillir des œuvres de Vincent Van Gogh. C’est un nouvel atout culturel et touristique pour Arles. En 2012, le projet du Parc des Ateliers et l’équipe de la Fondation LUMA présidée par Maja Hoffmann déposera le permis de construire du projet conçu par l’architecte Frank Gehry en tout début d’année. De son côté, le ministère de la Culture devrait lancer le concours d’architecture pour la future École nationale supérieure de la photographie et du centre du patrimoine photographique.
Tous ces projets ne sont pas seulement des œuvres culturelles. Ils sont notre ambition et notre économie, créateurs d’emplois. Ces projets contribuent à la richesse de la Ville. La Ville, la Région, l’ACCM et le Département ont investi en 2011 environ 70 millions d’euros. Les entrepreneurs arlésiens se battent sur tous les marchés pour travailler et conserver les emplois.
En cette année 2012, le mode de gestion de la restauration scolaire change, avec comme objectif principal la qualité gustative et nutritionnelle des repas de nos enfants. C’est un exemple des volontés du service public.
En cette période de fêtes, je voudrais souligner l’importance des valeurs de solidarité, de respect et même de gentillesse… dans une cité à taille humaine où nous avons la chance de vivre. Avec une attention particulière pour nos concitoyens qui sont face à la souffrance ou face à la solitude.
Je souhaite à chacune et chacun une année 2012 heureuse et chaleureuse.
La disparition d’Hubert Nyssen
C’est avec beaucoup d’émotion que j’apprends la mort d’Hubert Nyssen qui nous a quittés samedi. Arles ne serait pas la même aujourd’hui sans la présence d’Actes Sud.
Grâce au sociologue du monde rural Jean Viard qu’il avait édité, j’ai eu la chance de rencontrer Hubert Nyssen lorsqu’il a décidé d’installer sa jeune maison d’édition à Arles. A l’époque, il fallait beaucoup d’énergie, de talent et de confiance pour s’imaginer rivaliser avec les prestigieux éditeurs parisiens depuis les quais du Rhône. Mais Hubert Nyssen ne manquait d’aucun de ces traits de caractère.
La rencontre avec de grands écrivains comme Nina Berberova ou Paul Auster a confirmé ses intuitions en permettant à Actes Sud de s’imposer. Le Prix Goncourt de Laurent Gaudé en 2004 est venu couronner enfin cette maison d’édition provençale sans être provinciale, internationale plutôt que nombriliste. Tout en poursuivant sa propre oeuvre littéraire, Hubert Nyssen a su installer son entreprise dans la durée, et en faire un des moteurs de l’économie arlésienne, parmi les tout premiers employeurs privés. En transmettant la direction d’Actes Sud à Françoise Nyssen et à Jean-Paul Capitani, il savait Actes Sud en bonnes mains.
Au nom de tous les Arlésiens, je présente les condoléances de la Ville à la famille d’Hubert Nyssen, à ses enfants et petits-enfants, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble du personnel d’Actes Sud.
Photo Ville d’Arles : Hubert Nyssen en 2008, lors de « Lectures en Arles » au cloître Saint-Trophime.
Intempéries: merci pour la mobilisation et l’engagement
Arles vient de vivre une période dangereuse avec 300 mm de pluies en trois jours et une crue du Rhône supérieure à 7000 m3/seconde. C’est une situation vécue comme angoissante par beaucoup d’Arlésiens.
Si nous avons traversé cet épisode difficile sans dommage majeur dans la commune, c’est d’abord grâce à l’engagement et au professionnalisme des agents de la Ville d’Arles et du Symadrem, des pompiers du SDIS, des personnels du Conseil Général et du Conseil Régional. C’est pourquoi je tiens à tous les remercier.
Nous sommes mieux protégés grâce aux investissements massifs du plan Rhône. Le renforcement des quais dont les habitants de la Roquette et de Trinquetaille bénéficient. Les travaux effectués sur le canal du Vigueirat et de la roubine du Roy assurent la protection de Monplaisir et de Griffeuille.
Les moyens techniques dont s’est dotée la Ville d’Arles, notamment les moto-pompes, ont été utiles en Crau et en Camargue au cours du week-end, de Moulès à Mas-Thibert ou au Sambuc. La communication par le serveur vocal d’alerte ou l’Internet ont permis d’informer les Arlésiens de l’évolution de la situation.
Je tiens à souligner le rôle des associations d’écoulage de Corrège Major et d’Albaron qui ont mis en œuvre des moyens de pompage et évité l’inondation des routes de Camargue.
La période de risque n’est pas complètement terminée. Des précipitations sont à nouveau annoncées dans la semaine. Même si les pluies ne devraient pas être comparables à celles des derniers jours, j’invite tous les Arlésiens à être attentifs aux messages d’information que diffusera la Ville.
Je dis mes remerciements à Pierre Castoldi, sous-préfet de l’arrondissement d’Arles et à Michel Vauzelle, président du Conseil Régional et député d’Arles, qui étaient sur le terrain à nos côtés.
Je veux aussi souligner l’action des élus du Conseil municipal d’Arles particulièrement actifs et impliqués pendant la crise. Aux élus des villages : Jacques Bachevalier à Moulès, Daniel Richard à Raphèle, Jean-Marie Egidio à Mas-Thibert, Jacques Desmazes à Salin-de-Giraud, Philippe Martinez au Sambuc et Jean-Yves Planell pour Camargue Major, ainsi qu’à l’élue de permanence Claudie Durand, à Martial Roche, Premier Adjoint et à Jean-Luc Masson, Adjoint délégué aux risques majeurs.
Enfin, je tiens à dire la compétence, la disponibilité et l’implication des agents, cadres et techniciens de la commune d’Arles. Je voudrais citer par exemple Patrick Pouchoulou, dont la compétence a été indispensable durant cette période.
Hervé Schiavetti
Maire d’Arles
Vice-président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône
Président du Symadrem
