PPRIa: une occasion manquée
Le tribunal administratif de Marseille a rejeté la demande formée par la commune d’Arles de suspendre le Plan de prévention des risques inondations anticipé (PPRIa) imposé par le Préfet de région.
Avec cette décision que nous regrettons, les services de l’État viennent de manquer une occasion de régler un problème qu’ils ont eux-mêmes créé. C’est la deuxième fois qu’ils agissent contre les intérêts des Arlésiens et des habitants du Pays d’Arles. Toutefois, le juge reconnaît qu’une décision doit intervenir très vite et annonce un jugement sur le fond pour le début de 2013, et j’en suis heureux.
Le préjudice que nous subissons est très important, alors qu’un système global et cohérent de protection contre les crues est en place dans la réalité et dans les mentalités. Il faut maintenant le traduire dans les textes réglementaires. Les communes sont prêtes, le Symadrem aussi. Mais je ne vois rien venir. Le conseiller technique évoqué par le Préfet n’est pas là. Le Directeur départemental des territoires et de la mer est silencieux. Les directeurs régionaux de l’environnement, de l’aménagement et du logement, sans espoir. Or, il faut un changement de doctrine et nous, élus, ne pouvons l’impulser seuls. Nous n’en avons pas le pouvoir.
Les contraintes imposées par le PPRIa aux familles et aux entreprises arlésiennes sont insupportables. Elles compromettent l’avenir économique et social de notre commune. Nous ne pouvons l’accepter. Une nouvelle fois, nous demandons à Monsieur le Préfet de mobiliser, en urgence, l’ensemble des services concernés de l’État afin de dégager dans les meilleurs délais, le chemin d’un nouvel équilibre entre la protection de nos populations et le développement de nos territoires. L’État ne peut compromettre plus longtemps les intérêts vitaux d’Arles et du Pays d’Arles.
Protéger Arles sans geler le développement

Depuis les inondations de 2003, le risque de crue du Rhône est gravé dans les mémoires. Depuis dix ans, avec le président de Région Michel Vauzelle, nous travaillons à protéger Arles et la Camargue grâce au Symadrem, dans le cadre du Plan Rhône avec le Conseil général et avec l’Etat. 180 millions d’euros ont été investis dans des ouvrages de protection contre les crues.
Le Plan de protection risque inondations anticipé (PPPRIa) du préfet gèle nos projets et notre développement. Pour Arles comme pour Boulbon, pour Tarascon, pour les Saintes-Maries-de-la- Mer, pour Port-Saint-Louis-du-Rhône, pour Châteaurenard. C’est aussi vrai pour les communes du département du Gard: Nîmes, Saint-Gilles et le Grau-du-Roi. Avec d’autres maires de communes concernées, nous attaquons donc en justice cet arrêté.
Des zones constructibles depuis dix ans dans nos villages deviennent inconstructibles, ruinant les propriétaires et nos concitoyens. La zone d’activité au Nord d’Arles
ne pourrait pas être valorisée avant dix ans, malgré la digue Nord. Les terrains sont inconstructibles dans une bande de 400 mètres, situés de part et d’autres du grand Rhône grevant des zones bâties, rendant très difficile toute opération de requalification urbaine ou impossibles des valorisations familiales prévues de longue date. Il n’est pas jusqu’aux terrains classés constructibles depuis 10 ans, au Sambuc et à Mas-Thibert qui ne le sont plus en conséquence de cet arrêté. Et l’on sait que dans ces villages la question de la présence des services publics et notamment des écoles publiques est indispensable. Il en est de même du développement de l’activité économique en zone Nord autour de Leclerc nouvellement installé. Les réhabilitations des friches industrielles des Papeteries, de Lustucru et de Bricomarché, ainsi que du Canal d’Arles à Bouc jusqu’au pont Van-Gogh. C’est donc le gel total du territoire urbain et rural. Je pense aux préjudices collectifs et individuels qui sont énormes.
Notre ville s’est construite il y a plus de 2000 ans au bord du fleuve. Arles vit grâce au Rhône : ses découvertes archéologiques, ses projets architecturaux, son agriculture grâce à l’eau du Rhône ou de la Durance. Jamais aucune administration experte n’a autant ignoré ou méprisé une réalité géographique et humaine complexe.
Pourtant, nous avons réalisé le Plan de Sauvegarde et de Secours. Le Symadrem fonctionne et nous y consacrons une part importante des budgets communaux (500 000 euros par an), départementaux ou régionaux et de l’Etat (30 millions d’euros par an!).
Et je souhaite avec d’autres maires, avec d’autres élus, de toute appartenance politique, que le prochain gouvernement nous entende et ouvre une concertation pour établir un nouveau PPRIa qui protège nos territoires sans bloquer le développement économique et humain de nos villes et villages.
Davantage d’informations sur le site Internet de la Ville d’Arles
Se préparer au risque de panne d’électricité
Nous sommes très dépendants de la fourniture d’électricité. Nous l’avons constaté lors de la vague de froid intense que nous venons de traverser, comme lors de chaque situation météorologique exceptionnelle. En cas de coupure prolongée, les familles sont privées non seulement de lumière mais aussi de chauffage, de communication et de tout l’électro-ménager. Avec comme conséquence, des situations très difficiles, qui peuvent devenir dramatiques pour des personnes âgées et isolées.
C’est pourquoi je souhaite la mise en place à Arles d’un dispositif de prévention en cas de panne de courant généralisée et prolongée. Il ne s’agit pas d’inquiéter les familles mais plutôt de nous préparer à traverser une crise possible dans l’avenir sans subir de dommages majeurs. J’ai donc demandé aux services publics communaux d’engager une réflexion et de travailler avec nos partenaires : la sous-préfecture, les pompiers, ERDF et GRDF, l’ACCM, la Région et le Département, ainsi qu’avec les assocations de quartiers et de villages pour évaluer les risques et les besoins.
L’objectif est de disposer avant la fin 2012 d’un plan pour faire face à une panne massive touchant plusieurs milliers de foyers arlésiens. Il est de notre responsabilité de nous préparer face aux risques. La vague de froid, la neige ou les inondations nous démontrent que notre fragilité est réelle.

