Urbanisme

Protéger Arles sans geler le développement

Engins de terrassement de la digue nord (photo Ville d'Arles)

Depuis les inondations de 2003, le risque de crue du Rhône est gravé dans les mémoires. Depuis dix ans, avec le président de Région Michel Vauzelle, nous travaillons à protéger Arles et la Camargue grâce au Symadrem, dans le cadre du Plan Rhône avec le Conseil général et avec l’Etat. 180 millions d’euros ont été investis dans des ouvrages de protection contre les crues.
Le Plan de protection risque inondations anticipé (PPPRIa)  du préfet gèle nos projets et notre développement. Pour Arles comme pour Boulbon, pour Tarascon, pour les Saintes-Maries-de-la- Mer, pour Port-Saint-Louis-du-Rhône, pour Châteaurenard. C’est aussi vrai pour les communes du département du Gard: Nîmes, Saint-Gilles et le Grau-du-Roi. Avec d’autres maires de communes concernées, nous attaquons donc en justice cet arrêté.
Des zones constructibles depuis dix ans dans nos villages deviennent inconstructibles, ruinant les propriétaires et nos concitoyens. La zone d’activité au Nord d’Arles
ne pourrait pas être valorisée avant dix ans, malgré la digue Nord. Les terrains sont inconstructibles dans une bande de 400 mètres, situés de part et d’autres du grand Rhône grevant des zones bâties, rendant très difficile toute opération de requalification urbaine ou impossibles des valorisations familiales prévues de longue date. Il n’est pas jusqu’aux terrains classés constructibles depuis 10 ans, au Sambuc et à Mas-Thibert qui ne le sont plus en conséquence de cet arrêté. Et l’on sait que dans ces villages la question de la présence des services publics et notamment des écoles publiques est indispensable. Il en est de même du développement de l’activité économique en zone Nord autour de Leclerc nouvellement installé. Les réhabilitations des friches industrielles des Papeteries, de Lustucru et de Bricomarché, ainsi que du Canal d’Arles à Bouc jusqu’au pont Van-Gogh. C’est donc le gel total du territoire urbain et rural. Je pense aux préjudices collectifs et individuels qui sont énormes.
Notre ville s’est construite il y a plus de 2000 ans au bord du fleuve. Arles vit grâce au Rhône : ses découvertes archéologiques, ses projets architecturaux, son agriculture grâce à l’eau du Rhône ou de la Durance. Jamais aucune administration experte n’a autant ignoré ou méprisé une réalité géographique et humaine complexe.
Pourtant, nous avons réalisé le Plan de Sauvegarde et de Secours. Le Symadrem fonctionne et nous y consacrons une part importante des budgets communaux (500 000 euros par an), départementaux ou régionaux et de l’Etat (30 millions d’euros par an!).
Et je souhaite avec d’autres maires, avec d’autres élus, de toute appartenance politique, que le prochain gouvernement nous entende et ouvre une concertation pour établir un nouveau PPRIa qui protège nos territoires sans bloquer le développement économique et humain de nos villes et villages.

Davantage d’informations sur le site Internet de la Ville d’Arles

Reconquérir la zone Nord d’Arles

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J’ai donné une interview à Arles Info à propos des travaux et projets de la zone nord d’Arles, très durement  frappée par les inondations de 2003. Voici le texte complet de cet entretien.
Le chantier de la rocade nord

Tous les Arlésiens ont constaté les grands chantiers en zone nord… comment résumer ces travaux?

En zone Nord, nous poursuivons avec ténacité un seul objectif: développer l’activité économique et donc l’emploi. Pour y parvenir, il fallait protéger les entreprises déjà installées contre les crues du Rhône. Permettre à celles qui le souhaitent de s’agrandir. Mais aussi aménager l’espace pour accueillir des sociétés nouvelles. Pour certaines entreprises arlésiennes, je pense par exemple au centre Leclerc, c’était une question de survie.

Comment Arles a-t-elle réussi à financer ces travaux?

Rien ne serait possible sans le soutien de nos partenaires publics. Avec la digue Nord et le prolongement de la rocade, le montant cumulé des travaux s’élève à 100 millions d’euros. C’est un investissement énorme que nous partageons avec l’Etat, le Département la Région et la Communauté d’agglomération. Ici, nous investissons ensemble pour l’avenir du Pays d’Arles, avec le monde de l’entreprise et la Chambre de commerce et d’Industrie.

Pourquoi a-t-il fallu aussi longtemps?

Nous connaissons aujourd’hui l’aboutissement de dix années d’efforts. En 2002, la Ville d’Arles a acheté des terrains pour permettre l’extension économique de la zone Nord. Avant de commencer les aménagements, il fallait obtenir les autorisations administratives. C’est un processus long en temps normal mais les inondations de 2003 sont venues compliquer le dossier. Heureusement, l’État a toujours confirmé sa volonté d’aménager cette zone.

Et le site Lustucru?

L’entreprise a fermé ses portes en prenant prétexte des inondations mais a cédé le site à la Ville pour un euro symbolique. Aujourd’hui, je suis très heureux de voir des entreprises s’installer. Par exemple, la société A-Corros qui vient de remporter un appel d’offres pour restaurer les canons du musée des Invalides. C’est d’ailleurs la preuve de l’impact positif des Prides pour l’économie arlésienne.

Peut-on dire que la page des inondations de 2003 est définitivement tournée?

Pas encore… Il reste à construire une digue de protection de la voie ferrée entre Tarascon et Arles. C’est un chantier estimé à 150 millions d’euros, qui a été approuvé par les services de l’Etat dans le cadre du plan Rhône. Les dossiers de réalisation sont en cours.Une fois cet ouvrage réalisé, nous pourrons tourner la page de 2003.

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