Fondation Van Gogh:
Arles continue d’écrire son histoire

Vu de la boutique, inauguration de la Fondation Van Gogh. Photo Ville d'Arles/Olivier Querette

Vu de la boutique, inauguration de la Fondation Van Gogh.
Photo Ville d’Arles/Olivier Querette


Nous avons inauguré vendredi soir la Fondation Van Gogh, installée dans l’ancienne Banque de France. Une nouvelle page de notre histoire est en train de s’écrire. Je vous invite à lire mon discours pour cet événement exceptionnel

Je voudrais d’abord vous dire mon émotion de représenter les Arlésiens,  ici et  maintenant, en ce moment historique pour notre Ville. Oui, c’est bien une page marquante de l’Histoire d’Arles que nous écrivons ensemble aujourd’hui.

Vincent Van Gogh a aimé Arles.  Il a aimé la lumière, le ciel,  les places, les quais, les rues, les champs, les plages, et les gens. Cet amour n’était pas réciproque. La singularité parfois inquiétante d’un écorché vif,  la différence de langue, de culture, le mal-vivre du génie incompris expliquent sans doute un accueil méfiant de la plupart des Arlésiens.  Arles n’a conservé aucune oeuvre, aucun portrait, pas un dessin, pas un croquis de Vincent.

Et pourtant son héritage inspire Arles depuis plus d’un siècle. Sans Vincent, sans doute pas de Pablo Picasso à Arles. Peut-être pas de Lucien Clergue ou de Christian Lacroix.  La présence et l’oeuvre de Vincent ont suscité ou attiré ici bien des talents, qui ont changé le destin de cette ville.

Yolande Clergue l’avait bien compris, lorsque dès 1985, elle expose des oeuvres d’artistes contemporains en hommage à Vincent Van Gogh.  Cette vision a préfiguré la Fondation Van Gogh que nous inaugurons aujourd’hui dans ce lieu que la commune a acquis à la Banque de France en 2005.

Ce très bel hôtel particulier Léautaud de Donines –qui a longtemps abrité dans la pénombre des coffres-forts et des registres en anciens francs– a été magnifié par le travail de l’architecte Guillaume Avenard et par l’intervention d’artistes,  comme le portail de Bertrand Lavier que nous venons de franchir, ou l’extraordinaire verrière de Raphael Hefti qui sublime la lumière d’Arles.

Bien avant son ouverture officielle,  toute une équipe a déjà fait vivre cette maison autour de Bice Curiger, qui s’est discrètement  intégrée à notre ville, avec une volonté ferme mais tranquille. Avec Christine et Jean-Paul Taris qui ont pris une part décisive depuis le premier jour de cette aventure.

Au-delà de toutes les énergies et les talents qui ont contribué à créer ce lieu,  il a fallu une volonté qui  n’appartient qu’à un homme : Luc Hoffmann, à qui je souhaite rendre un hommage à la fois solennel et personnel ce soir.  Depuis ce jour de 1947 où il est tombé amoureux à vie de la Camargue, Monsieur Hoffmann a marqué ce territoire de son empreinte. Passionné d’une nature que l’on appelait pas encore environnement, il a été le principal artisan de la protection du delta et de ses oiseaux, dont il est un extraordinaire connaisseur.

En décidant de fonder ce lieu, d’investir dans une Fondation vouée à Vincent Van Gogh, il renoue avec une tradition familiale : la passion de l’art. Il crée aussi un trait d’union entre son oeuvre environnementale à la Tour du Valat et le futur campus d’art contemporain porté par sa fille Maja Hoffmann, dont nous poserons demain la première pierre avec l’architecte Frank Gehry.

Je sais que sa modestie va en souffrir, mais la Fondation Vincent Van Gogh démontre l’intelligence, l’altruisme et l’humanisme de Luc Hoffmann qui offre aujourd’hui à Arles un nouveau joyau, à côté du musée Réattu, du Musée de l’Arles Antique, mais aussi un outil de développement créateur de richesses et d’emplois.

A vous Luc, à vous Maja, ainsi qu’à votre famille réunie ici ce soir, je vous dis solennellement la reconnaissance des Arlésiens et toute mon admiration et ma gratitude. Je souhaite un succès historique à cette première exposition et une vie longue et heureuse à la Fondation Vincent Van Gogh d’Arles.