Les Rencontres d’Arles: Dimension internationale et ancrage local

Présentation du programme des Rencontres d'Arles

Présentation du programme des Rencontres d’Arles

Cette petite ville avait naturellement vocation à devenir capitale de la photographie. D’abord évidemment, il y a la lumière, la transparence de l’air provençal. Puis il y a aussi l’architecture, les arènes et ce qui se passe dans les arènes. Et naturellement il y a les hommes…” Ainsi s’exprimait en juillet 1977 l’écrivain Michel Tournier, disparu début 2016, co-fondateur des Rencontres avec le photographe Lucien Clergue et le conservateur Jean-Maurice Rouquette. Ils ont changé le destin d’Arles. Grâce à eux, Arles et la photographie vont célèbrer leur histoire commune pour le 47e été consécutif.

Les Rencontres sont désormais inscrites dans l’identité d’Arles comme une (encore) jeune tradition, comme un atout international mais aussi comme un des moteurs de l’économie locale et donc de l’emploi. L’an dernier, 365 personnes ont travaillé à l’édition 2015, dont 200 en contrat aidé pendant six mois. Outre ces emplois directs, les Rencontres ont un effet positif sur l’hôtellerie, la restauration, le commerce.

En 2015, la première édition pilotée par le directeur Sam Stourdzé et le président Hubert Védrine a connu un succès mérité et remarqué, que ce soit sur le plan de la fréquentation (93­.000 visiteurs) en hausse de 12% par rapport à l’édition précédente que sur la qualité des expositions, saluée par les médias du monde entier. Un chiffre me réjouit particulièrement : 7 400 Arlésiens (+16% par rapport à 2014), donc 14% des habitants de cette ville (tous âges confondus) ont visité des expositions des Rencontres. La passion de la photographie est de plus en plus partagée par le public local, c’est un signe de la part croissante des industries culturelles dans la réalité arlésienne.

La dimension internationale du festival se double d’un fort ancrage local : c’est l’un des atouts des Rencontres et l’édition 2016 en fera encore la démonstration, j’en suis convaincu. D’autant que les échanges, les liens, les passerelles se multiplient à l’image de la formidable Nuit de l’Année qui retrouvera pour la deuxième année la friche industrielle des anciennes Papeteries à Trinquetaille, nouvel horizon de développement de la ville. Les Rencontres ont aussi la belle idée d’inviter l’artiste Stéphanie Solinas à revisiter le site ex-Lustucru et sa cathédrale de métal signée Gustave Eiffel, construite à l’occasion de l’exposition coloniale de Marseille en 1906. Symbole d’une architecture industrielle triomphante, Lustucru est aussi à Arles l’emblème de la brutalité économique depuis sa fermeture au prétexte des inondations de 2003.

Une autre exposition s’attache à un sujet plus léger : le western camarguais. Hommes, bêtes et paysages de Camargue sont un décor de far-west provençal qu’avait découvert Joe Hamman, ami de Buffalo Bill et cinéaste prolifique qui a ouvert la voie à un genre qui compte des films culte… comme D’où viens-tu Johnny? le premier film dont Johnny Hallyday est la vedette, tourné en 1963 par le réalisateur américain Noël Howard avec le journaliste et écrivain Yvan Audouard comme scénariste. Le guitariste gitan Manitas de Plata dont Lucien Clergue était l’impresario apparait dans ce film.

Nous serons heureux de recevoir la nouvelle ministre de la Culture Audrey Azoulay à Arles à la pour les Rencontres, pour le projet de la future Ecole nationale supérieure de la photographie (ENSP), qui est un projet du Président de la République, et pour le projet de la Fondation Luma avec la tour conçue par l’architecte Frank Gehry qui a atteint sa hauteur définitive. Dans un climat amical, la Fondation Luma présidée par Maja Hoffmann qui finance les prix Découvertes et les Dummy Books Awards, met à disposition des Rencontres la Grande Halle et les Forges magnifiquement rénovées.

La Fondation Luma figure depuis 2001 parmi les partenaires privés qui rendent possible le festival, aux côtés d’Olympus, BMW, Gares & Connexions que je tiens à remercier ici, tout comme les partenaires publics dont la fidélité survit aux alternances démocratiques : le Conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur et son président Christian Estrosi, le Conseil général des Bouches-du-Rhône et sa président Martine Vassal.

Avec un immense merci à toute l’équipe des Rencontres, je souhaite à tous les passionnés de photographie et à tous les amoureux d’Arles une très belle 47e édition des Rencontres.