L’alchimie de l’été Arlésien

Conférence de presse des Rencontres de la Photographie, le 23 mars 2017 en salle d’honneur de la Ville d’Arles

Le premier festival de photographie du monde est une œuvre d’art collective à recréer chaque année. Depuis 48 éditions sous le soleil d’Arles, les Rencontres se nourrissent de talent, d’imagination et d’énergie mais aussi d’une alchimie entre des photographes, des œuvres, des lieux, des publics et des atmosphères.

Cette œuvre d’art collective est à sa manière une industrie locale, inscrite dans un écosystème construit au fil des décennies par un travail commun des élus, collectivités, fondations, entreprises, écoles, associations… L’impact des Rencontres dans l’économie arlésienne est majeur sur l’emploi par exemple,  avec l’embauche estivale de 400 personnes, dont 235 contrats aidés d’une durée de six mois. En additionnant dépenses directes et indirectes, les Rencontres injectent 22 millions d’euros dans l’économie arlésienne, selon une étude réalisée l’an dernier.
Ce rôle moteur s’est accru avec la fréquentation historique de 2016 (plus de 100 000 visiteurs) qui démontre que l’exigence artistique peut se conjuguer avec le succès populaire. C’est le fruit du talent et du travail du directeur sam stourdzé et du président Hubert Védrine qui présentent leur troisième édition commune avec une programmation à la fois multiforme, généreuse et passionnante, entre dimension internationale et ancrage local.
Cet été, la dimension internationale prend les couleurs de la Colombie, grand pays de photographie… et de tauromachie, comme le savent les aficionados. Je suis heureux que ce pays ami en marche vers la paix soit invité à Arles et je voudrais témoigner ici de mon admiration au président colombien Juan Manuel Santos, prix Nobel de la Paix l’an dernier.
L’ancrage local est incarné notamment par Mathieu Pernot, qui boucle cet été l’immense travail artistique et humaniste sur les tziganes qu’il avait commencé alors qu’il était encore élève de l’école nationale supérieure de la photographie (ENSP) d’Arles dans les années 1990.

Au parc des ateliers, les Forges et la Mécanique prêtées par la fondation LuMa offrent depuis leur rénovation des espaces répondant aux exigences des grandes expositions internationales. C’est la première fois dans l’histoire des Rencontres et c’est ce qui explique la présence dans la programmation 2017 d’institutions prestigieuses comme le centre Georges-Pompidou, la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DataR) ou la bibliothèque nationale de France (BNF). C’est aussi une illustration de la  la stature acquise par le festival.
Depuis près d’un demi-siècle, les Rencontres investissent, découvrent, subliment des sites arlésiens. La variété des lieux d’expositions joue dans la magie du festival : une vingtaine de monuments du patrimoine architectural mis à la disposition des Rencontres par la Ville d’Arles ; la friche industrielle des anciennes papeteries Etienne qui sera cette année encore le décor de la nuit de l’
année ; le nouveau site d’Emile-combes prêté par la communauté d’agglomération arles-crau-camargue-Montagnette ; Ground control à la gare SNCF, le Méjan prêté cet été par Actes Sud et le parc des ateliers déjà cité – autant d’atmosphères différentes dans des lieux à la personnalité unique qui font des Rencontres une expérience multiple pour le visiteur. Comme pour ses prédécesseurs, nous serons heureux d’accueillir la future ou le futur ministre de la culture issu des élections de ce printemps, pour découvrir les chantiers du parc des ateliers, avec la construction
de la tour conçue par Frank Gehry pour la fondation Luma et la nouvelle école nationale supérieure de la photographie, grand projet architectural signé Marc Barani dont la première pierre a été posée l’an dernier par Michel Vauzelle, député d’Arles, et le président de la République François Hollande.

Les Rencontres sont aussi le fruit de la confiance de partenaires solides auxquels je tiens à témoigner ici ma reconnaissance. Je salue la fidélité du ministère de la culture et des grandes collectivités, au-delà de l’appartenance politique des élus : le conseil régional  Provence-alpes-côte d’azur et son président Christian Estrosi, le conseil général des Bouches-du-Rhône et sa présidente Martine Vassal. Parmi les partenaires privés, citons Olympus, bMW, Gares & connexions, la fondation Luma mais aussi la confédération suisse, Lët’z Arles-Luxembourg, la BNP,  nespresso, Huawei, la fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature. Tous, ils rendent possible ce formidable événement avec une équipe énergique et inventive, que je remercie au nom des Arlésiens.
Il me reste à souhaiter une grande édition des Rencontres et un bel été 2017 à tous les passionnés de photographie et à tous les amoureux d’Arles.