Photo: projet d’institution décentralisée

En tant que maire d’Arles, je suis très heureux qu’un projet de nouvelle institution décentralisée dans la région des Hauts-de-France soit annoncé dans notre ville. C’est une confirmation du rôle de capitale de la photographie qu’occupe Arles depuis près de 50 ans et qui se renforce d’année en année.

Je remercie la ministre de la Culture Françoise Nyssen et je salue le président Xavier Bertrand dont je connais la passion pour la photographie et l’attachement à notre ville. Xavier Bertrand porte avec beaucoup de volonté ce projet ambitieux. La nouvelle région des Hauts de France et la ville d’Arles, de par leur position géographique mais pas seulement, sont très différentes et donc très complémentaires. Il s’agit aussi pour nous d’inventer un nouveau type de coopération décentralisée et directe entre deux collectivités. Bravo à Sam Stourdzé, démontre encore une fois l’énergie et le talent de défricheur qui l’animent, avec cette mission de préfiguration.

La Ville d’Arles dispose des expériences et des compétences indispensables à la conception et au développement d’une nouvelle institution. En partenariat avec le ministère de la Culture et les Rencontres, nous pouvons aussi réfléchir aux problématiques de conservation et de présentation à partir du fonds photographique de la Ville d’Arles constitué depuis un demi-siècle et conservé au musée Réattu, qui est un musée municipal et a été le premier musée français à exposer des photos. Ce fonds constitué de donations de photographes depuis les années 70 est l’un des atouts méconnus d’Arles.

La réussite d’Arles dans le domaine de la photographie, nous la devons bien sûr à Lucien Clergue qui a mobilisé et suscité une série de volontés publiques et privées au fil des décennies. Arles, c’est le premier festival de photographie du monde, mais aussi la seule Ecole nationale supérieure de la photographie de notre pays, voulue par Michel Vauzelle et inaugurée par François Mitterrand, avec un nouveau bâtiment dont la construction a été décidée par François Hollande.

Arles, ce sont aussi des dizaines de lieux d’exposition inscrits au patrimoine mondial de l’Humanité et désormais, grâce à la fondation Luma présidée par Maja Hoffmann, des lieux d’exposition aux normes internationales qui permettent aux Rencontres d’exposer cet été dans des conditions qu’elles n’ont jamais connues depuis leur création. Le projet d’Archives vivantes de la Fondation LUMA illustrés par l’exposition Annie Leibovitz ouvre aussi de nouvelles perspectives pour le futur de la photographie à Arles.

Pour toutes ces raisons, la Ville d’Arles est heureuse d’aider à la création d’une nouvelle institution décentralisée. La participation de la ville d’Arles pourrait prendre la forme d’une convention de partenariat quand les contours du projet se dessineront, avec peut-être aussi la participation d’autres collectivités.