Discours d’Hervé Schiavetti lors du rassemblement pour dire non à l’antisémitisme et à toutes formes de racismes

“Avec la Ligue des Droits de l’Homme, le centre de la Résistance et de la Déportation du Pays d’Arles, avec les élus du Conseil Municipal d’Arles, les formations politiques républicaines, je vous remercie de participer à cette manifestation ce soir avec les autres grandes ville de France.

Je dois excuser Madame la Députée, Messieurs les Conseillers Régionaux, Départementaux ainsi que le Président et les Vice-Présidents de notre intercommunalité.

Nous condamnons le rassemblement national qui a décidé de ne pas participer à cette manifestation pour les droits de l’Homme. Bien sûr, nous condamnons leur position politique.

Aujourd’hui, les élus d’Arles réaffirment leur attachement aux idées de la Résistance.

Ils rappellent la Shoah, la nuit noire des camps et l’extermination des juifs que symbolise l’insulte faite à Alain Finkielkraut, philosophe français, par des militants d’extrême droite.

Ces actes nous rappellent l’extermination des juifs, le négationnisme du système politique que les nazis ont installé durant la seconde guerre mondiale et l’ardente nécessité d’expliquer aux nouvelles générations ces faits précis afin de prévenir la montée du fascisme, notamment au moment des crises du chômage et des migrations qui en découlent.

Pourtant, pendant des siècles, la communauté juive a apporté à Arles sa puissance intellectuelle. Le quartier juif a été brûlé en 1484 par les moissonneurs sans travail, place du Forum alors que Arles était devenue, avec l’arrivée des juifs andalous au XIIème siècle, un centre actif d’études israélites. Il reste un émouvant témoignage du pillage après la destruction du quartier –  rue docteur Fanton maintenant – ce fragment de torah que nous donne à voir notre conservateur, Directeur des archives municipales, Rémi Venture.

La communauté juive d’Arles est maintenant réduite à quelques personnalités : la famille Taich, Pierre et Richard Benkemoun, maintenant Brigitte et sa famille militants laïques et qui s’installent après la guerre d’Algérie.

Quelques familles croyantes mais sans lieu de culte encore, Chicha,. Siboni, Bonachera qui participent pleinement à la vie de leur communauté et ont siégé au sein de notre conseil municipal.

Je veux rappeler aussi la mémoire des arlésiens juifs, médecins de ville ou cliniciens, internés, maintenant décédés, comme Maximilien Hecht ou Gorodiche.

La montée des idées d’extrême droite est constatée et nous devons lutter pour mieux partager la modernité et la noblesse de l’engagement politique pour construire la France du XXIème siècle qui sera plurielle, méditerranéenne et généreuse.

Cette histoire moderne n’est pas connue de la plus jeune génération. Elle l’était par celle d’avant, italienne ou espagnole. Nos familles ont lutté contre le nazisme, l’offense faite aux juifs nous révolte. Elle est dangereuse. Nous prenons l’engagement d’instruire des idées de tolérance, de respect de l’autre et d’humilité devant celui qui est différent. L’antisémitisme est une variante de tous les racismes, c’est la haine de l’autre.

Ce soir, dans cette salle du conseil municipal d’Arles, solennellement, les élus de la République, ceux qui l’ont été avec les militants des droits disent l’horreur des camps et leur attachement aux valeurs de la République et de la Laïcité.

Vive la Liberté, l’Égalité, la Fraternité !

Vive la République !”

Hervé Schiavetti

Maire d’Arles